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[Du Rapport sur la maladie d'Alzheimer et la recherche actuelle, du Dr Jack Diamond, directeur scientifique de la Société Alzheimer du Canada]

Dans cette section :
Introduction

À propos du Dr Jack Diamond

Les chercheurs
Les changements dans le cerveau dus à la maladie d’Alzheimer
Les traitements médicamenteux
Autres pistes pour un diagnostic précoce et de nouveaux traitements
Soins et réparation du cerveau
Recherche psychosociale
Télécharger le rapport (PDF)

Autres pistes pour un diagnostic précoce et de nouveaux traitements

Vaccins

Les développements sont prometteurs. La possibilité d'un vaccin est devenue réelle quand on a créé des animaux modèles de la maladie d'Alzheimer (soit en les
« manipulant génétiquement » de manière à introduire dans les souris les gènes humains de la forme familiale de la maladie d'Alzheimer). Le cerveau de ces souris a développé des plaques amyloïdes et les souris souffrent de problèmes de mémoire.

Les chercheurs ont ensuite conçu une A bêta modifiée qui, une fois injectée dans les souris, a stimulé le système immunitaire à produire des anticorps. Comme la A bêta modifiée était très semblable à la A bêta normale, les anticorps ont aussi lutté contre la A bêta déjà contenue dans le cerveau, ce qui a eu pour résultat de réduire de façon importante les plaques et d'améliorer les fonctions cognitives des souris. On a rapidement entrepris des essais sur les êtres humains, mais ils ont été arrêtés d'urgence en 2002 lorsque des participants à l'étude ont développé une inflammation cérébrale inquiétante (qui ne s'était pas produite chez les souris).

Alors où en sommes-nous? Bien, on étudie activement – et on a découvert - de nouveaux vaccins A bêta qui ne devraient pas causer une inflammation cérébrale. On produit également de nouvelles souris modèles dont les neurones contiennent des « écheveaux neurofibrillaires », de manière à développer et à tester éventuellement des anticorps contre les écheveaux. Bien qu'il reste encore beaucoup à faire, ces études enthousiasmantes sur les animaux font déjà l'objet d'essais cliniques chez les êtres humains et les derniers résultats donnent un réel espoir de la découverte, d'ici cinq à sept ans, d'un vaccin qui pourrait révolutionner le traitement de la maladie d'Alzheimer.

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DCL

La recherche a fait des progrès importants concernant la « déficience cognitive légère »(DCL), trouble qu'on observe de plus en plus chez les adultes dans la cinquantaine et même chez les jeunes adultes. La DCL indique un niveau de détérioration cognitive ou de la mémoire, ou des deux, supérieur à celui enregistré dans le processus normal de vieillissement, mais qui n'est pas suffisamment élevé pour qu'on puisse parler de maladie neurodégénérative ou de maladie d'Alzheimer. Cependant, chaque année, on estime que 85 % des personnes diagnostiquées de DCL développeront la maladie d'Alzheimer dans les dix années suivantes, ce qui fait de la DCL un facteur de risque important de la maladie. En outre, l'imagerie du cerveau montre que des changements pathologiques existent probablement déjà dans le cerveau avant même que le diagnostic de la DCL ne soit posé de même que dans le cerveau de certaines personnes qui n'ont pas de DCL mais qui développeront la maladie d'Alzheimer.

Des chercheurs croient que les changements anormaux (pathologiques) dans le cerveau, comme les plaques, commencent à se produire 5 à 10 ans avant l'apparition des signes visibles de maladie neurodégénérative. L'imagerie, combinée aux tests psychologiques, pourrait permettre de repérer les personnes souffrant de DCL les plus à risque et de poser un diagnostic plus précoce de la maladie d'Alzheimer. L'importance du diagnostic précoce tient au fait qu'il est préférable pour une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer, ou de toute autre maladie, de recevoir un traitement le plus tôt possible. De nombreux cliniciens recommandent maintenant de donner des inhibiteurs de la cholinestérase aux personnes qui ont reçu le diagnostic de la DCL sans attendre l'apparition des symptômes de la maladie d'Alzheimer.

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Statines

On étudie ces agents qui réduisent le taux de cholestérol parce qu'il semblerait que l'incidence de la maladie d'Alzheimer diminue chez les personnes qui utilisent ces médicaments pour abaisser leur niveau de cholestérol. On a d'abord cru que les bienfaits des statines étaient attribuables à leur capacité de réduire l'incidence des maladies cardiovasculaires maladies vasculaires (des maladies qui affectent le coeur et les vaisseaux sanguins), qui est un facteur de risque de la maladie d'Alzheimer. Cependant, nous savons maintenant que les statines réduisent aussi la production de A bêta de l'APP, ce qui s'annonce prometteur sur le plan d'une stratégie future de traitement. En outre, puisque le cholestérol est un élément essentiel des membranes qui entourent les cellules nerveuses, des taux anormaux de cholestérol pourraient modifier gravement les membranes des cellules, et, par conséquent, modifier la réaction des cellules nerveuses à des substances comme les facteurs de croissance les hormones et, bien entendu, les médicaments. Il est très important d'empêcher le cholestérol d'atteindre des niveaux anormalement élevés.

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Maladie d'Alzheimer et diabète

Les résultats de la recherche menée auprès de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et d'animaux modèles de la maladie indiquent que, même en cas d'absence de diabète dans le sens classique du terme, les médicaments contre le diabète du nom de « glitazones » peuvent aider à conserver les fonctions cérébrales, et, comme l'ont montré les résultats sur les animaux et qu'on suppose se produire également chez les être humains, à diminuer le développement de plaques dans le cerveau. Les essais continus de ces médicaments se fondent sur l'idée que certaines personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer souffriraient d'une forme de diabète cérébral, ou ce qu'on propose d'appeler le « diabète de type 3 ». Cette idée s'appuie sur une observation selon laquelle l'insuline administrée par voie nasale, qui est transportée directement au cerveau sans passer par le reste de l'organisme, a amélioré la mémoire et les fonctions cognitives de certaines personnes – ce qui est prometteur pour les futurs traitements thérapeutiques.

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Agents anti-inflammatoires comme l'aspirine et autres AINS (médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens)

Il existe des preuves intrigantes, bien que non formelles, selon lesquelles les personnes qui prennent régulièrement des agents anti-inflammatoires contre le rhumatisme et autres problèmes diminuent le risque de développer la maladie d'Alzheimer. On poursuit cette piste de recherche. On prétend également que les cannabinoïdes (substances dérivées du cannabis) auraient des effets anti-inflammatoires et autres effets bénéfiques pour la maladie d'Alzheimer, mais pour l'heure, les dangers potentiels associés à leurs actions sur le système nerveux en rendent l'utilisation problématique.

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Autres remèdes thérapeutiques

Les nouvelles sont très encourageantes. AlzhemedMC et FlurizanMC sont deux exemples d'une nouvelle génération de médicaments faisant l'objet d'essais cliniques dont les résultats sont très prometteurs. Le Flurizan et les autres « inhibiteurs de la secrétase » bloquent le processus de séparation de la A bêta de sa grande molécule mère APP et aident à freiner l'accumulation dangereuse de A bêta dans le cerveau. L'Alzhemed le cyclohexanehexol, un nouvel agent découvert par des chercheurs de Toronto, interagissent avec les molécules de A bêta durant leur formation et les empêchent de s'agglomérer et de former de petits agrégats qui empoisonnent les cellules nerveuses et se déposent éventuellement en « plaques » solides. Mais, au moment de leur formation, ils ont déjà causé des dommages importants. D'autres traitements visent à favoriser le nettoyage de la A bêta avant qu'elle n'atteigne des niveaux nocifs. L' « ubiquitine » est un produit chimique produit naturellement dans le cerveau qui aide au nettoyage, mais ses niveaux sont moins élevés dans le cerveau d'une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer.

Quand on a administré ces médicaments aux souris qui avaient la maladie d'Alzheimer, pour augmenter leur niveau d'ubiquitine, les fonctions cérébrales se sont améliorées, en dépit de la présence persistante de plaques amyloïdes. Cela s'expliquerait par le fait que le médicament a empêché le développement des petits agrégats d'amyloïdes. Le fer et autres métaux qui ont été décrits comme des facteurs de risque possibles pour certaines personnes sont à l'étude dans le cadre d'essais cliniques d'un médicament du nom de clioquinol qui aide à éliminer les métaux suspects de l'organisme (la présence de traces de cuivre contribuerait peut-être à la production de plaques amyloïdes, mais il est quasi impossible d'éliminer complètement le cuivre d'une diète normale). Nous ne disposons pas encore de résultats définitifs pour ces études. Enfin, on fait des essais cliniques du ginkgo biloba, une plante médicinale qui prétend améliorer la mémoire, afin d'en vérifier les effets sur le développement ou la sévérité de la maladie d'Alzheimer.

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Fabrication de nouvelles cellules nerveuses à partir de cellules souches

Les chercheurs sont très enthousiastes à la perspective de remplacer les cellules nerveuses détériorées dans le cerveau des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer par des « cellules souches » provenant de la moelle épinière et d'autres tissus. Ces cellules n'ont pas encore atteint le stade de se transformer en cellule spécifique comme une cellule nerveuse ou une cellule musculaire. À cette étape, elles peuvent être métamorphosées en cellules nerveuses (ou autres types de cellules) à l'aide de «facteurs de croissance» appropriés. On provoque habituellement ce changement avant que les cellules ne soient implantées dans le cerveau, mais dans des circonstances favorables, les cellules souches se transforment spontanément en cellules nerveuses après leur implantation dans le cerveau, apparemment en raison de l'exposition des cellules souches à l'effet des facteurs de croissance locaux et d'autres caractéristiques de l'environnement local.

Des recherches expérimentales concernant les cellules souches sont en cours sur des animaux et, dans certains pays, les essais menés sur des personnes qui ont la maladie d'Alzheimer ont donné des résultats ambigus. Le Canada, comme de nombreux autres pays, a des restrictions importantes concernant la recherche sur les cellules souches, mais il est probable que les essais de cellules souches sur les humains seront un jour plus généralisés après qu'on se sera mis d'accord sur les sources éthiques acceptables de ces cellules et après la découverte de méthodes efficaces et sans danger de transplantation dans le cerveau.

Une nouveau projet de recherche palpitant portant sur les cellules souches qui sont produites dans le cerveau même vise à favoriser leur multiplication et leur migration vers des régions qui ont subi des pertes ou des dommages neuronaux. Des preuves concluantes montrent que la fonction de réparation assumée par les cellules souches résidentes qui se transforment en cellules nerveuses peut se produire spontanément à la suite d'une blessure traumatique, et même dans des cas de maladie neurodégénérative comme la maladie d'Alzheimer. Il semble toutefois peu probable de voir apparaître une thérapie basée sur les cellules souches d'ici les dix prochaines années.

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Promouvoir la réparation du cerveau

On accorde une importance considérable aux études sur les cellules souches et à d'autres études parce qu'elles s'intéressent à la réparation du cerveau. Pour restaurer les fonctions cérébrales perdues à cause de la maladie, il faut pouvoir réparer les dommages que le cerveau a subis. Même si un traitement véritablement efficace de la maladie d'Alzheimer était découvert, par exemple un médicament qui stopperait la progression de la maladie et la dégénération subséquente du cerveau, il demeurerait nécessaire de réparer les dommages au cerveau. Non seulement faut-il stopper la maladie, mais il faut également guérir la personne qui en est atteinte!

C'est ici que les substances du nom de « facteurs de croissance » prennent toute leur importance. Ces substances sont des molécules nutritives que l'organisme fabrique continuellement au cours de la vie pour garder en santé toutes sortes de cellules, dont les cellules nerveuses. Un facteur de croissance crucial, le premier d'une liste de facteurs découverts, s'appelle le « facteur de croissance du tissu nerveux » ou NGF. Le NGF est nécessaire au maintien en vie et en santé des cellules nerveuses responsables de la mémoire et de l'apprentissage. Les facteurs de croissance incitent également les cellules nerveuses à fabriquer de nouvelles terminaisons pour compenser les pertes au fur et à mesure que les cellules nerveuses avoisinantes meurent. Ce « bourgeonnement compensateur des cellules nerveuses » aide les cellules à se rétablir après un AVC ou un traumatisme cérébral.Malheureusement, le bourgeonnement neuronal compensateur ne se produit pas aussi facilement chez les personnes âgées et est également affecté négativement par quelques facteurs de risque connus de la maladie d'Alzheimer.

Les scientifiques transplantent maintenant des cellules manipulées génétiquement qui fabriquent le NGF dans le cerveau des animaux modèles de la maladie d'Alzheimer. Dans une étude, on a transplanté directement des cellules productrices de NGF dans le cerveau de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Les premiers résultats sont prometteurs, tant pour la conservation des cellules nerveuses que pour l'amélioration de la cognition.

[Ce document vous est offert à titre d'information seulement et ne représente pas un conseil, une approbation ou une recommandation à l'égard des produits, des services et des entreprises, ni une déclaration ou description des caractéristiques à leur sujet de la part de la Société Alzheimer du Canada. L’information contenue dans le présent rapport était à jour au moment de l’impression du rapport (novembre 2006).]

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Dernière révision et mise à jour de cette page : novembre 2006.
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