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maladie d'Alzheimer.]
Dossier
de presse -- Les
10 signes précurseurs de la maladie d'Alzheimer
Le
5 janvier 1998
Article-vedette
Et
si c'était la maladie d'Alzheimer ?
La
lettre a eu l'effet d'une bombe.
Juin
1995. Vingt-cinq ans avec la même entreprise. Huit ans
avant la retraite. On nous dit : "Nous sommes
désolés de devoir vous remercier. Il y a tout simplement
trop de problèmes qui influencent votre travail. Vous
devriez peut-être consulter un médecin. Vous souffrez
peut-être d'une maladie."
Mike
Crowe et son épouse, Nona, de Penticton en Colombie-britannique
ne s'étaient pas rendu compte que Mike était dans la
phase précoce de la maladie d'Alzheimer.
"On
pensait que c'était juste du stress; un burnout."
Il
oubliait des échéanciers et des rendez-vous au travail.
Il faisait aussi beaucoup d'erreurs. À la maison, il était
complètement épuisé. Il se repliait sur lui-même. Il
lisait le journal. Il regardait la télévision. Il ne
parlait plus beaucoup.
Nona
raconte: "On pensait que c'était juste du stress;
un burnout."
En
fait, Mike avait des pertes de mémoire, de la difficulté à exécuter
certaines tâches, des sautes d'humeur et un manque d'initiative
-- près de la moitié des symptômes indiqués dans le dépliant
intitulé S'agit-il
de la maladie d'Alzheimer ? Dix signes précurseurs, une
nouvelle publication de la Société Alzheimer du Canada.

Les
signes précurseurs aident les familles à traverser la
période difficile qu'elles vivent avant l'announce du
diagnostic.
Cette
liste aide les familles à reconnaître les changements
dans la personnalité, le comportement et les facultés
cognitives qui pourraient indiquer un début de maladie
d'Alzheimer.
"Les
familles nous ont dit que la période précédant l'annonce
du diagnostic de la maladie est une période extrêmement
difficile; qu'ils ont besoin de connaître les signes
précurseurs de la maladie et de savoir quoi faire à leur
sujet", précise Linda LeDuc, Directrice des Services
de soutien et d'éducation de la Société Alzheimer du
Canada. "Le dépliant sur les signes précurseurs
donne aux familles de l'information qui les aide à traverser
la période très difficile entre le moment où elles remarquent
les symptômes et le moment où elles apprennent le diagnostic."
Yvonne
Schwartz de Bayside, Nouvelle-Écosse, aurait eu bien
besoin de cette information il y a cinq ans.
En
une fraction de seconde, son mari, Laurie, passait d'un état
de colère violente à un calme placide. Pour Yvonne, ce
comportement était très inquiétant.
Laurie
a commencé à éviter de faire quoi que ce soit qui demandait
un peu de concentration. Puis, il se mit à conduire de
façon déconcertante. Souvent, il ne savait même pas où il
s'en allait.
"J'étais
terrifiée durant les deux dernières années pendant lesquelles
il a conduit," raconte Yvonne.
Elle
ne se doutait aucunement que les changements de personnalité de
Laurie, ses sautes d'humeur, ses difficultés à comprendre
les notions abstraites et sa confusion étaient des signes
précurseurs de la maladie d'Alzheimer.
La
maladie d'Alzheimer est la cause principale de démence.
Plus de 250 000 Canadiens sont atteints de cette maladie.
Pourtant, beaucoup de gens ne reconnaissent pas les signes
précurseurs de la maladie d'Alzheimer; et s'ils les reconnaissent,
ils ne savent pas quoi faire à leur sujet.
Souvent,
les proches d'une personne atteinte pense qu'elle est
déprimée ou qu'il s'agit simplement du processus normal
de vieillissement. Or, la maladie d'Alzheimer, c'est
bien plus que cela.
Selon
le docteur Mary Gorman, médecin de famille d'Antigonish,
en Nouvelle-Écosse : "La maladie d'Alzheimer s'infiltre
dans la vie des gens et détruit progressivement leurs
capacités de raisonnement, de mémoire, de concentration
et de parole."
Elle
ajoute : "La maladie modifie la capacité d'une personne
d'interpréter son environnement concret ainsi qu'abstrait."
Le
docteur Gorman est conseillère auprès de l'Unité d'évaluation
et de réhabilitation gériatriques de l'Hôpital régional
St.-Martha, à Antigonish, Nouvelle-Écosse. Au cours des
trois dernières années, elle a remarqué un changement
fondamental. Elle précise : "Les médecins connaissent
de mieux en mieux les symptômes de la démence, ils font
donc évaluer leurs patients plus tôt."
Un
diagnostic précoce aide les familles à planifier l'avenir.
Afin
d'informer les familles au sujet de ce processus d'évaluation,
la Société Alzheimer a publié un nouveau dépliant intitulé Obtenir
un diagnostic : s'agit-il de la maladie d'Alzheimer ? qui
prépare les familles au rendez-vous chez le médecin : à quoi
s'attendre, les questions à poser et les renseignements à prévoir.
Le
diagnostic peut être établi dans un cabinet de médecin,
une clinique de mémoire, un hôpital ou auprès d'un organisme
communautaire.
L'évaluation
peut comporter tous ou certains des éléments suivants
: une histoire médicale détaillée, un examen médical,
un examen de l'état mental, des analyses, des évaluations
psychiatrique et psychologique ainsi que des scanographies
du cerveau.
Ces
tests aident à déterminer si les symptômes de la démence
sont causés par la maladie d'Alzheimer ou par une maladie
pour laquelle il existe peut-être un traitement médical
comme la dépression, les infections et les troubles de
la glande thyroïde ou du coeur.
"Lorsque
la démence est causée par une condition réversible, plus
cette condition est décelée tôt, plus il y a de chances
d'en renverser le cours," précise le docteur Howard
Bergman, gériatre et directeur de l'Hôpital général juif
de Montréal et de la clinique de mémoire de l'Université McGill.
Le docteur Bergman est l'un des membres d'un groupe d'experts
en démence qui élaborent des directives afin d'aider
les médecins de famille à reconnaître, évaluer et gérer
la maladie d'Alzheimer.
"Le
médecin de famille est la personne-clé dans tout cela
car les patients ou un de leurs proches vont d'abord
confier leurs inquiétudes au médecin de famille," précise
le docteur Michael Cooper, psychiatre gériatrique qui évalue
la perte de mémoire chez ses patients à l'Hôpital régional
de Penticton en Colombie-britannique. "Si on diagnostique
la maladie d'Alzheimer tôt, les familles peuvent ainsi
planifier l'avenir -- discuter des dispositions financières à prévoir,
s'assurer qu'elles ont les services de soutien nécessaire,
etc." Parmi ces services, on compte les tous derniers
renseignements au sujet de la maladie, l'aide offerte
par la Société Alzheimer et les possibilités de choix
de traitement.
Le
premier médicament pour le traitement symptomatique de
la maladie d'Alzheimer est déjà offert sur le marché canadien.
D'autres médicaments, présentement à diverses étapes
du processus d'expérimentation, seront peut-être bientôt
aussi offerts. "Si les médicaments pour la maladie
d'Alzheimer peuvent permettre une meilleure qualité de
vie pour la personne atteinte," ajoute le docteur
Cooper, "les médecins voudront alors en discuter
avec le patient et sa famille dès que possible."
Une
fois le diagnostic établi, il est important de faire
participer les membres de la famille. Parfois, le docteur
Gorman et son équipe juge nécessaire d'organiser une
réunion de famille.
"Nous
invitons parfois un ou une travailleuse sociale, physiothérapeute,
ergothérapeute ou infirmière. Nous rencontrons la famille
et nous leur expliquons ce qu'est la démence, où en est
rendue la personne atteinte en ce qui a trait au diagnostic
et pourquoi nous pensons qu'il s'agit de la maladie d'Alzheimer
et non d'une autre maladie. Cela aide à soulager l'anxiété énorme
qui existe face au diagnostic et permet de discuter des
soins à prodiguer. "
On
mentionne également aux familles la multitude de services
offerts par la Société Alzheimer dont les groupes d'entraide
pour les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer
et leurs aidants, les conseillers personnels, les sources
d'information et les renseignements au sujet des services
offerts par des organismes communautaires de leur région.
"Ça
m'a facilité la vie de me joindre au groupe d'entraide
Alzheimer."

Yvonne
et Laurie Schwartz ont utilisé les services de la Société Alzheimer. À la
suite de l'annonce du diagnostic, pendant dix mois, ils
ont tenté de cacher la maladie à leurs amis. Yvonne raconte
: "C'était la période la plus difficile. Laurie
ne voulait pas que les gens soient au courant de sa maladie.
Il ne voulait pas que les gens le dévisagent." Éventuellement,
ils se sont joints à un groupe d'entraide Alzheimer pour
les personnes dans la phase précoce de la maladie.
Au
début, Yvonne pleurait lors des réunions du groupe d'entraide;
mais après quelques temps, elle se sentait plus à l'aise
de se confier et de parler.
Après
la troisième réunion environ, elle déclara : "Un
beau jour, Laurie arrive à la maison; il traverse la
rue pour aller chez son cousin Sydney et il lui raconte
son problème. Je me suis dit ah, c'est tellement
bien ça, est-ce que je peux maintenant le dire à mes
soeurs ?"
En
janvier 1997, Mike et Nona Crowe ont appris que Mike était
atteint de maladie d'Alzheimer probable.' Ils savent à quel
point il est important d'établir le diagnostic dès les
débuts de la maladie.
Nona
a appris que la Société Al-zheimer de sa localité organisait
un groupe d'entraide pour les personnes dans la phase
précoce de la maladie. Mike s'est joint au groupe et
il en apprend maintenant davantage au sujet de sa maladie
et des changements auxquels il doit s'attendre. "Ça
m'a facilité la vie de me joindre au groupe d'entraide
Al-zheimer," raconte Mike.
Nona
se réunit avec d'autres aidants. Elle dit : "Au
début, on refusait d'accepter la maladie. C'était pas
possible. Il faut que ce soit autre chose. Mais une fois
qu'on l'accepte, on se sent un peu soulagé à l'annonce
du diagnostic; on l'accepte; on se dit faisons
de notre mieux pour continuer de profiter de la vie autant
que possible'. "
On
prévoit que d'ici l'an 2030, 750 000 Canadiens et Canadiennes
seront atteints de la maladie d'Alzheimer et autres démences
connexes.
Linda
LeDuc précise : "Un dépistage précoce et un diagnostic
précoce permettent à certaines personnes atteintes de
la maladie d'Alzheimer de participer à la prise de décisions
qui transformeront leur avenir. "
La
Société Alzheimer offre de l'information et de l'appui
aux familles dont la vie est touchée par la maladie d'Alzheimer.
De plus, la Société finance la recherche afin de découvrir
les causes et les traitements thérapeutiques pour la
maladie d'Alzheimer ainsi que la recherche sur de meilleurs
moyens de prodiguer les soins et d'offrir les services.
Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer
avec votre société Al-zheimer régionale ou visitez
leur site Internet au www.alzheimer.ca.
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