Living
From the Inside Out [Vue de l'intérieur
: vivre avec la maladie] -- Discours de la 11e conférence
Lyons annuelle, 23e congrès national de la Société Alzheimer,
Halifax (NS), 5 au 7 avril 2001
Discours
de Cynthia Williams (page 1)
Je
suis impressionnée ! J'ai déjà entendu
les discours de Marilyn, mais je pourrais l'écouter à la
journée longue. Et je me sens mal à l'aise
de lui succéder.
Merci,
Pat. Bonjour, mesdames et messieurs. Je m'appelle Cynthia.
J'ai 59 ans. Je suis mariée à un homme
merveilleux et j'ai trois enfants formidables : un fils
de 37 ans et deux filles de 34 et de 32 ans.
Je
suis infirmière depuis 36 ans. Ma mère
est décédée en 1999 à l'âge
de 83 ans. Elle a vécu avec la maladie d'Alzheimer
pendant 10 ans et elle est décédée
des suites d'une pneumonie.
Au
début de 1998, mes proches et amis ont cessé de
blaguer au sujet des pertes de mémoire dont nous
souffrons tous de temps à autre, après
avoir constaté que je semblais plus oublieuse
que d'habitude.
Ils
m'ont fait remarquer que je n'étais pas le genre
de personne à oublier de retourner les messages
importants, que je manquais des rendez-vous et que je
répétais sans cesse qu'on ne m'avait jamais
parlé de certains sujets de conversation. Je me
rappelais vaguement de certaines des conversations qu'on
me rapportait. Il y en a d'autres dont je ne me souviens
toujours pas.
Je
me suis demandée : « Suis-je atteinte
de la maladie d'Alzheimer ? Ma mère l'est. » J'ai
pensé : « C'est moi, l'infirmière.
C'est moi, l'aidante. Je ne suis pas censée être
la patiente. »
Après
bien d'autres nuits blanches, et des larmes, et après
mûre réflexion, j'ai appelé mon fils,
qui habite à Prince George, où il pratique
la médecine, et je lui ai dit que je pensais être
atteinte de la maladie d'Alzheimer. Il m'a tout de suite
dit : « Maman. Vous êtes une vraie infirmière.
Vous faites toujours votre propre diagnostic. »,
puis il m'a conseillé de demander à mon
médecin de me diriger vers un neurologue.
J'ai
consulté deux neurologues, j'ai passé un
examen du cerveau IRM puis, en mai 1999, un diagnostic
de démence vasculaire a été confirmé.
Je ne comprenais pas ce que ces termes voulaient dire.
Peut-être était-ce parce qu'ils s'appliquaient à mon
cas ? J'ai refusé catégoriquement d'accepter
le diagnostic. Je me suis dite : « Non. Ils
parlent de quelqu'un d'autre. » J'ai passé bien
d'autres nuits à m'endormir en pleurant.
Ensuite,
j'ai cru que les médecins s'étaient trompés
et avaient consulté la fiche d'un autre patient
au lieu de la mienne. Mais je me demandais : « Qu'en
sera-t-il de mon emploi ? J'adore mon travail. Comment
puis-je travailler et me souvenir de distribuer les médicaments à mes
patients ? Comment vais-je faire face au stress et au
rythme effréné de l'unité de cardiologie
? Non, ils se trompent sûrement. » Non, ça
ne pouvait pas m'arriver à moi.
Suite du discours...

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