L'intimité et
la sexualité
Contexte
Tout
le monde a besoin de compagnie et d'intimité physique.
Il en est de même des personnes atteintes de la
maladie d'Alzheimer ou d'une autre maladie neurodégénérative.
Elles peuvent remplir ce besoin par le mariage, l'union
ou l'amitié. Peu importe le type de relation,
elle sera affectée par les changements qu'entraîne
la maladie, y compris les changements dans les besoins
de compagnie et d'intimité physique.
L'expression
de l'intimité physique entre deux personnes peut
aller de la poignée de main à une tape
dans le dos entre deux collègues en passant par
les embrassades entre amis et les relations sexuelles
entre amants. Plus les personnes ont des formes intimes
d'expression, plus elles ont besoin d'intimité.
Les
relations entre les conjoints sont uniques et chaque
personne choisit son partenaire pour des raisons différentes.
Les relations peuvent demeurer faciles ou devenir complexes
avec le temps et les expériences de la vie. Peu
importe le type de relation, il est important qu'elle
soit satisfaisante pour les deux personnes.
Remarque
:
Pour
faciliter la lecture, on emploie le terme « partenaire » dans
le présent document pour décrire une personne
que la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer a
choisie pour satisfaire ses besoins de compagnie et d'intimité physique,
que cette personne soit son conjoint, son partenaire,
son amant ou son ami.
Les
questions
Pour
les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer :
Satisfaire
les besoins d'intimité physique : Les
changements dans le cerveau provoqués par la
maladie d'Alzheimer peuvent accroître chez certaines
personnes le besoin de relations sexuelles et créer
des conflits dans leur relation avec leur partenaire.
Certaines personnes ressentent constamment un intérêt
accru pour le sexe. Si l'énergie sexuelle est
exprimée dans des endroits non appropriés
ou orientée vers des personnes qui ne sont pas
consentantes, il faudra peut-être avoir recours à une
médication pour atténuer l'intensité de
leur besoin.
D'autres
personnes atteintes de la maladie découvrent au
contraire qu'elles manquent d'énergie et d'intérêt
pour le sexe parce qu'elles sont dépressives.
Avec le traitement de la dépression, l'intérêt
sexuel revient souvent.
Les
changements dans la relation et dans les besoins, tant
de la personne atteinte de la maladie que de son partenaire,
peuvent être frustrants. Un manque de compréhension
et de réflexion pourrait amener les personnes à répondre à leurs
besoins par des moyens jugés inacceptables ou
non appropriés par les autres.
Recherche
de la compagnie d'un nouveau partenaire : Au fur
et à mesure que la maladie évolue, la
personne atteinte pourrait ne plus reconnaître
son partenaire ou se souvenir de lui, et chercher à combler
son besoin de compagnie et de relation physique intime
avec une autre personne dans l'établissement
de soins de longue durée. En raison de la nature
délicate de la question, les membres de la famille
et les membres du personnel pourraient avoir tendance à empêcher
la personne de satisfaire ses besoins à l'extérieur
des anciennes relations existantes.
Désinhibition
: La maladie peut entraîner chez certaines
personnes une perte d'inhibition et des comportements
inhabituels ou que les autres pourraient considérer
comme étant inappropriés. Cela peut être
est dû au fait que le mécanisme habituel
de contrôle de soi ne fonctionne plus. Par exemple,
une femme pourrait chercher à charmer d'autres
hommes que son partenaire.
Connotation
sexuelle erronée attribuée à un
comportement : Face à certaines situations,
une personne atteinte de la maladie pourrait avoir
des réactions qui seront interprétées
comme un comportement sexuel inapproprié alors
que la personne essaie en réalité de
communiquer un besoin ou d'obtenir une réponse.
Par exemple, un homme pourrait retirer son pantalon
en public pour indiquer qu'il veut aller à la
toilette, mais quelqu'un pourrait interpréter
son geste comme l'expression d'un besoin sexuel.
Pour
les partenaires dans une relation existante :
Satisfaire
les besoins d'intimité physique : Les
changements que la maladie d'Alzheimer provoque par
rapport à l'intérêt que la personne
porte à la sexualité peuvent ne pas être
en accord avec les besoins de son partenaire. Le partenaire
vit parfois un sentiment de culpabilité ou il
ne sait pas comment répondre à ce besoin. Également,
en prenant davantage un rôle d'aidant, il peut
avoir moins envie d'une intimité physique.
Satisfaire
son besoin de compagnie avec une nouvelle personne
: Le partenaire pourrait avoir des besoins de compagnie
et de relation physique intime qu'il ne réussit
pas à combler avec la personne atteinte de la
maladie d'Alzheimer. Il cherchera peut-être à satisfaire
ses besoins à l'extérieur de la relation
existante. Cette situation peut aussi être une
cause de dilemme et de préoccupation.
Pour
les professionnels des soins de la santé :
Équilibrer
les besoins : Les
personnes qui assurent les soins dans les établissements
de soins de longue durée voient parfois une
personne atteinte de la maladie d'Alzheimer chercher
la compagnie d'un nouveau partenaire et des relations
intimes avec ce dernier. Les professionnels des soins
de la santé sont confrontés au problème
de devoir déterminer si les deux parties sont
consentantes à la nouvelle relation et d'aider
les familles à s'adapter au changement.

Recommandations
Il
est recommandé de satisfaire les besoins de compagnie
et de relation physique intime quand c'est possible,
tant de la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer
que de son partenaire, et de les traiter avec respect
et dignité.
Lorsque
les besoins d'intimité physique des deux partenaires
sont différents, le mieux est d'avoir une discussion
ouverte et franche, et de faire preuve de créativité pour
trouver des moyens de satisfaire leurs besoins réciproques.
Avec
l'évolution de la maladie d'Alzheimer, il se peut
que la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer ne
reconnaisse plus son partenaire. Ce dernier aura besoin
de beaucoup de soutien et de compréhension. Si
la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer choisit
un nouveau partenaire, il est important de s'assurer
que la personne et le nouveau partenaire consentent à la
relation, peu importe la forme qu'elle prend.
Pour
les membres de la famille et le personnel des établissements
de soins de longue durée, la prise de conscience
de leurs propres sentiments et attitudes face à la
sexualité, à son expression et aux relations
chez les personnes âgées pourra les aider à soutenir
les autres. Également, de l'information sur les
habitudes de la personne quant à l'expression
passée de sa sexualité et de ses relations
intimes aidera à comprendre son comportement actuel.
En plus, il serait utile que les membres de la famille
et le personnel donnent la priorité aux besoins
de la personne atteinte de la maladie et aux besoins
de son partenaire.
Le
personnel dans les établissements de soins de
longue durée devra peut-être envisager des
moyens qui faciliteront les relations intimes ou aideront
le partenaire à faire face aux changements dans
la relation. Par exemple, le personnel pourrait :
- proposer
des activités agréables à faire
avec le partenaire et la personne durant les heures
de visite;
- dévier
l'attention du partenaire afin qu'il ne soit pas mis
face à la nouvelle relation qu'il trouverait
difficile à accepter;
- fournir
une chambre privée pour la nuit aux couples
qui désirent être seuls.
Le
partenaire d'une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer
pourrait chercher à satisfaire ses besoins de
compagnie et d'intimité physique avec une autre
personne, particulièrement si la personne atteinte
de la maladie a cessé de le reconnaître.
Il aura alors besoin de soutien et de compréhension
afin de comprendre ses émotions et de répondre
de façon satisfaisante à ses besoins.
En
conclusion...
Les
relations sont complexes même dans les meilleurs
moments. Les changements provoqués par la maladie
d'Alzheimer peuvent entraîner des dilemmes pour
les partenaires et les familles. Il n'est pas toujours
facile de parler d'intimité et de sexualité,
mais c'est encore la meilleure façon de régler
les problèmes liés aux besoins de compagnie,
d'intimité et de sexualité de la personne
atteinte de la maladie d'Alzheimer.

Documentation
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