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Soins Alzheimer : Articles de la Société Alzheimer
   
 
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Stress chez les aidants : Dix signes précurseurs
Moi tendu ? Pas vraiment !
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[L'information dans cette page était courante au moment de son affichage. Veuillez lire la page La maladie d'Alzheimer -- fiche descriptive pour connaître les chiffres actualisés.]

[Tiré de notre campagne de sensibilisation sur la maladie d'Alzheimer de janvier 1999]

Moi tendu ? Pas vraiment !

Lorsque des aidants d'un certain âge finissent par prendre contact avec Barb Moffatt, ils sont en général aux prises avec une situation difficile et au bout du rouleau.

Mme Moffatt est infirmière à Kingston (Ontario) où elle assure la coordination du programme CARE (Community Alzheimer Respite Enrichment). Ses clients recherchent souvent désespérément un soulagement à la tension à laquelle ils sont soumis dans leur rôle d'aidant d'une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer.

Plus de 300 000 Canadiens, soit une personne sur 13 âgée de plus de 65 ans, souffrent de la maladie d'Alzheimer ou de démences connexes. Environ la moitié d'entre elles vivent à domicile, prises en charge par leur fille ou leur conjoint. On estime que d'ici 2031, ce chiffre passera à 750 000.

Selon Barb Moffatt, ce sont surtout les aidantes âgées entre 40 et 50 ans qui cherchent plus rapidement une aide. « Elles cherchent à obtenir tout le soutien disponible, notamment si elles doivent assumer d'autres responsabilités telles que travailler et élever une famille. »

Il reste qu'un grand nombre d'aidants sont des personnes âgées qui prennent soin de leur conjoint. Pour eux, s'occuper d'une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer est une chose tout à fait personnelle. Ils ont toujours réussi à s'en sortir par eux-mêmes, et la seule idée qu'un étranger puisse entrer chez eux suffit à les empêcher d'avoir recours à une aide extérieure.

« Nombreux sont ceux qui comptent sur leur famille et sur leurs amis », dit Mme Moffatt. « D'autres acceptent la situation comme faisant partie de leur destin et persévèrent seuls longtemps, voire jusqu'à la fin. »

C'est ce qui préoccupe Dre Julie Chandler, médecin à Yarmouth (Nouvelle-Écosse), qui voit des personnes âgées ayant des problèmes de santé prendre soin d'un conjoint malade.

Dre Chandler est la directrice médicale de trois centres d'hébergement de sa région et est conseillère au service de psychiatrie de l'hôpital régional de Yarmouth où elle évalue et diagnostique les personnes présentant les symptômes de la maladie d'Alzheimer. Elle est également bénévole de la Société Alzheimer et animatrice d'un groupe d'entraide. Elle conseille des aidants qui s'occupent de personnes à tous les stades de la maladie et sait fort bien que, pour un aidant, la tension nerveuse peut être insidieuse et complexe.

Avec l'expérience, Dre Chandler a appris à reconnaître les différentes réactions des aidants telles la crainte et le déni une fois le diagnostic prononcé, l'angoisse et la dépression liées au sentiment d'impuissance devant les responsabilités accompagnant le rôle d'aidant, la suppression d'activités sociales, l'épuisement et la colère, l'impossibilité de se concentrer sur son travail, le manque de sommeil et la détérioration de l'état de santé.

« Je rencontre des personnes qui sont à bout de patience. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, jour après jour, n'est-ce pas trop leur en demander ! »

Dre Chandler rappelle aux aidants que la maladie d'Alzheimer est progressive. « Même avec les nouveaux traitements, rien encore ne l'arrête. Quoi que nous fassions, la santé de la personne se détériorera. » Et ce n'est pas du tout la faute de l'aidant.

« Je leur dis que s'ils continuent comme ça, ils ne pourront plus prendre soin, ni d'eux ni de la personne dont ils s'occupent. »

Ce franc-parler les pousse à chercher une aide auprès des proches pour s'accorder des petits moments de repos, à obtenir des services de soins à domicile, à inscrire la personne atteinte à un programme d'activités de jour, à s'informer de l'existence de lits de répit de courte durée au centre d'hébergement de leur localité, et à demander à une femme de ménage de faire les travaux ménagers une fois par semaine.

Barb Moffatt conseille aux aidants de rassembler toute l'information disponible sur la maladie d'Alzheimer et sur les soins, de passer cette information aux parents et aux amis, de préparer un plan d'intervention qui intégrera les services d'aide (famille, amis ou membre d'un groupe d'entraide) et de suivre le plan établi. « Lorsque les personnes contrôlent un peu mieux la situation, le niveau de stress diminue », ajoute-t-elle.

À travers tout le pays, les sociétés Alzheimer offrent des groupes d'entraide au sein desquels les aidants peuvent parler de ce qu'ils vivent, écouter les témoignages de leurs pairs ou simplement s'en servir comme exutoire. Les sociétés Alzheimer donnent également des renseigne-ments sur les ressources de la collectivité et produisent des dépliants, des livres et des bandes vidéo sur la maladie d'Alzheimer et sur les soins qu'elle exige.

Dre Chandler, responsable d'un groupe d'entraide, constate que les groupes d'entraide sont souvent le seul endroit où les aidants découvrent qu'ils ne sont pas les seuls à vivre cette situation. Il est fréquent d'entendre des commentaires tels que : « Ce n'est pas seulement moi » ou « Après tout, je ne suis pas si mal. »

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